20 000 sons sous les mers

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Un programme de cartographie de la pollution sonore des océans dans le cadre du tour du monde de quatre ans The Ocean Mapping Expedition à bord du voilier Fleur de Passion.
 
Vous êtes-vous déjà allongé dans l’eau, les oreilles immergées ? Dans la mer, à la piscine ou même dans votre baignoire, avez-vous noté comme les sons s’estompent et combien nous sommes immédiatement envahis d’une profonde quiétude ? Pendant longtemps, on a même cru que les océans étaient “le monde du silence”…
 

L’oreille humaine, en effet, n’est pas adaptée au milieu aquatique. Dans cet environnement étranger pour elle, les sons lui parviennent de façon feutrée, d’où ce sentiment d’intense bien-être que nous éprouvons. Dans certaines piscines de Suisse, il est même possible de se laisser ainsi bercer au son du chant des baleines !
Et les animaux marins, eux, qu’entendent-ils ? Car leur appareil auditif, à l’inverse du notre, est adapté au milieu dans lequel ils évoluent. La question devient d’autant plus importante que le niveau sonore des océans a considérablement augmenté depuis un siècle du fait du formidable essor de l’activité humaine: transport maritime, sonars militaires et industriels ou encore exploration pétrolière et gazière, entre autres, génèrent depuis des décennies un véritable « smog sonore » plus ou moins dense selon les mers du globe.

Les conséquences du “smog sonore”

Comment cette pollution sonore d’origine humaine affecte-t-elle le milieu marin ? Quel impact a-t-elle en particulier sur les cétacés, qui ont besoin de communiquer pour chasser en groupe, délimiter leurs territoires ou encore entrer en contact à distance avec un partenaire ? Nous savons que « smog sonore » entrave leur communication. Mais de quelle manière précisément ? Dans certains cas, leurs facultés auditives n’en sont-elles pas gravement affectées ? Or les cétacés jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des océans. Qu’ils soient menacés par une activité humaine anodine à nos yeux et c’est toute la chaîne alimentaire qui s’en trouve déséquilibrée.

Pourbaleine_940x705 répondre aux nombreuses questions que pose cette thématique nouvelle, la fondation Pacifique à Genève et le Laboratoire d’Applications Bioacoustiques (LAB) de l’Université Polytechnique de Catalogne (UPC) à Barcelone ont décidé de s’associer pour lancer 20 000 sons sous les mers, un programme exclusif destiné à cartographier l’extraordinaire foisonnement sonore des océans.

A bord de Fleur de Passion

Equipé de capteurs et de moyens de traitement des données, le voilier Fleur de Passion recueillera en temps réel des données scientifiques qui font cruellement défaut à l’heure actuelle. Tout cela dans le cadre de The Ocean Mapping Expedition, vaste tour du monde à la fois scientifique, socio-éducatif et culturel de quatre ans dans le sillage du découvreur du Pacifique de 2015 à 2019.

L’objectif de 20 000 sons sous les mers est de fournir à la communauté scientifique des données de première importance destinée à une meilleure compréhension d’un phénomène encore trop mal connu aujourd’hui. Il consiste également à développer des moyens de sensibiliser le grand public et les acteurs politiques et économiques concernés par cette thématique d’importance vitale pour l’équilibre des océans.

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Clin d’oeil à Jules Verne et Cousteau

Clin d’oeil explicite à Jules Verne et à son esprit visionnaire, référence évidente au Commandant Cousteau et au film Le Monde du Silence qui ont joué un si grand rôle dans la prise de conscience des enjeux liés à la mer, 20 000 sons sous les mers se veut le creuset de nouvelles prises de conscience et, peut-être aussi, le catalyseur de nouvelles applications techniques à inventer et à mettre en oeuvre pour que les océans retrouvent un peu de quiétude. Et avec eux les créatures qui les peuplent.

 

Plus de détail sur le site de l’expédition “The Ocean Mapping Expedition”